Une colombe bavarde comme une pie mais qui n’est pas un oiseau de mauvais augure.
Reste que si elle est en colère elle vous volera dans les plumes mais sans vous donner des noms d’oiseaux.
Vous ne pourrez pas lui rogner ses ailes.
Elle vole juste de ses propres ailes et elle ne se les brule pas.
Plume de colombe juste un peu oiseau rare et drôle d’oiseau à la fois.
Il était une fois un grand jardin merveilleux, au milieu d'un royaume.
Le Maître aimait à s'y promener quand la chaleur du jour devenait accablante. Il affectionnait tout particulièrement le bambou qui lui semblait l'arbre le plus beau de toutes les plantes de son jardin. Au fil des années, ce bambou grandissait, devenait vigoureux et conscient de la faveur du Maître.
Un jour, celui-ci s'approcha du bambou et le bambou s'inclina respectueusement.
Le Maître lui dit :
- Mon cher bambou, j'ai besoin de toi.
Il semblait que le grand jour fut enfin arrivé, le jour pour lequel le bambou avait été créé. Le bambou répondit donc d'une voix douce.
- Maître, je suis prêt. Fais de moi ce que tu voudras.
- Bambou, ajouta le Maître d'une voix respectueuse, pour me servir de toi il faut que je te coupe.
Le vent retint son souffle. Le bambou inclina sa tête doucement et puis lui murmura:
- Maître, puisque tu ne peux m'utiliser sans me couper, alors je suis prêt arrache-moi.
- Mon cher bambou, il me faudra t'enlever toutes tes branches et toutes tes feuilles.
- Maître, enlève les rameaux et les feuilles.
- Bambou, dit encore le Maître, il faut aussi que je te coupe en deux. Si je ne le fais pas, tout ce qui sera fait avant sera inutile.
- Oui, Maître : découpe si cela est utile.
Alors le Maître arracha le bambou, coupa ses rameaux et toutes ses feuilles, le tailla en deux sur toute sa longueur.
Puis, il le transporta près d'une source d'eau fraîche et scintillante au milieu du jardin desséché. Il déposa le bambou soigneusement sur le sol. Il posa l'une des extrémités du tronc sous la source tandis que l'autre atteignait le sillon d'arrosage dans le champ.
C'est ainsi que le bambou, autrefois si majestueux, devint dans son humble état de débris, une grande bénédiction pour tout le jardin.
Quand il était grand et beau, il ne poussait que pour lui-même et se réjouissait de sa beauté. Mais dans son humilité, il était devenu un canal dont le Maître se sert pour faire fructifier son jardin.
Un bambou coupé et taillé n'est pas juste fait pour écrire, calligraphier, dessiner ou faire de la musique ... il sert aussi à transporter la vie.