Une colombe bavarde comme une pie mais qui n’est pas un oiseau de mauvais augure. Reste que si elle est en colère elle vous volera dans les plumes mais sans vous donner des noms d’oiseaux. Vous ne pourrez pas lui rogner ses ailes. Elle vole juste de ses propres ailes et elle ne se les brule pas. Plume de colombe juste un peu oiseau rare et drôle d’oiseau à la fois.
Tout ce déballage de linge sale me donne envie de vous parler des lavandières colombiennes.
Fin XIXème et début XXème siècle la Seine au niveau de Colombes était le lieu d’amarrage de bateaux-lavoirs : un au niveau du pont de Bezons, un près de l’usine des eaux et le troisième face à notre commune sur les rives d’Argenteuil près du pont du même nom.
Les lavoirs étaient ouverts à tous les vents. C’était un métier très difficile et exercé par des femmes qui travaillaient courbées en deux et les mains dans l’eau froide.
Il y avait aussi à cette époque à l’emplacement de l’actuel lycée professionnel du boulevard de Valmy la blanchisserie industrielle Courcelles fondée en 1906.
Les blanchisseuses-repasseuses y faisaient deux ans d’apprentissage et elles étaient un peu mieux payées que les lavandières des lavoirs.
Tremper, couler, savonner, frotter, battre, essorer, tordre, étendre, décrocher, porter, plier, repasser, livrer … ce qui faisait qu’à 40 ans elles s’étaient usées à la tâche de 6h du matin à 7h du soir.
Elles finissaient leur vie avec une fluxion de poitrine, bronchite, rhumatisme, hernies discales et certaines sombraient dans l’alcoolisme que leur permettait de tenir le coup.
Nous avons encore à Colombes des pavillons qui ont sauvegardé juste sous leur toit l’apparence qu’avaient les anciens séchoirs où l’on étendait les draps. J’ai vu une de ces maisons dans le quartier de la Petite Garenne et une près de la coulée verte mais il y a en a surement d’autres à vous de les dénicher.
Nous n’avons plus de lavoir dans notre ville.
Mais il nous reste une ou deux lavandières de nuit qui les soirs de pleine lune viennent pour laver les souillures des âmes.
Nous avons aussi plusieurs Dames blanches les dimanches sans lune et sans étoiles qui rôdent pour vous couvrir de leur linceul et pour vous entraîner en fond des caniveaux.
Il y a des
fois plus à battre, qu'à vanner.